
Je me suis plongée dans les enquêtes de la police tribale Navajo, avec Joe Leaphorn, Jim Chee et Bernadette Manuelito! J’ai adoré cette série de romans captivants, où cette culture autochtone est mise en lumière.
Grâce à une trouvaille dans un secondhand bookshop à San Francisco, j’ai découvert une super série de romans policiers. J’ai totalement accroché!
Elle est signée de l’auteur américain Tony Hillerman, puis a été reprise par sa fille Anne Hillerman. Elle est parfois qualifiée de romans policiers ethnologiques.
Les Navajos vivent aujourd’hui aux USA entre les états d’Arizona, d’Utah et du Nouveau-Mexique. Déserts et canyons constituent le cadre de ces enquêtes bien ficelées, pleines de rebondissements.
Tony Hillerman, également journaliste, nous immerge totalement dans la culture de ce peuple amérindien. Il a commencé à les publier dans les années 1970. On suit les enquêtes de Joe Leaphorn et de Jim Chee, de la police tribale navajo.
Je les lis en anglais, mais ces livres sont traduits en français, pour ceux qui préfèrent, et plus faciles à trouver chez nous.
→ Ils s’ajoutent à ma collection de romans qui nous emmènent explorer les cultures autochtones ♡

Sommaire du billet de blog
Mon avis sur les enquêtes de la police navajo
L’immersion dans la culture Navajo m’a totalement fascinée. Je ne connaissais rien de ce peuple amérindien, et découvrir leurs croyances et leur façon de voir le monde à travers ce roman m’a beaucoup touchée.
Dans chaque tome on en apprend davantage sur la culture et les croyances navajo. Par exemple, dans le tome Spider woman’s daughter, sur les tissages et la poterie. Dans Skinwalkers, sur les croyances liées à la sorcellerie et les rites de peinture dans le sable.
Pour le moment, j’ai adoré le tome écrit par Anne Hillerman en 2013, aux problématiques résolument modernes et avec l’enquêtrice Bernie qui apporte une touche féminine. Mais j’ai beaucoup aimé aussi les tomes plus anciens. Les personnages sont attachants, et sans clichés.
Plus bas je vous parle en détail de:

Spider woman’s daughter / La fille de Femme-Araignée : de quoi parle ce roman policier
Après le décès de l’auteur, sa fille Anne Hillerman a repris le flambeau… et c’est sur le premier tome qu’elle a écrit (2013) que je suis tombée en premier!
Il existe en traduction française: La fille de Femme-Araignée chez Rivages Noir. Même en prenant cette série en court de route comme je l’ai fait, on peut tout à fait suivre et apprécier l’histoire.
Les personnages attachants sont un duo d’enquêteurs, Bernadette (dite Bernie) Manuelito et Jim Chee, en couple.
Ils vivent leur culture tout en étant bien ancrés dans l’Amérique moderne. En étant flics, ils font face aux problèmes de leur communauté, comme l’alcoolisme et ses ravages notamment.
Tout commence lorsque Bernadette trouve le célèbre lieutenant Joe Leaphorn à terre. On lui a tiré dessus! Héros de la série depuis le début, Leaphorn, retraité mais menant des enquêtes en privé, est dans le coma.
Jim Chee & Bernie mènent une enquête difficile pour comprendre qui a voulu lui régler son compte…
Heureusement, Bernadette Manuelito a de la patience et de l’opiniâtreté à revendre. Deux qualités partagées avec «femme-araignée» (Spiderwoman), une figure de la mythologie navajo.
C’est Spiderwoman qui aurait appris au peuple navajo l‘art du tissage, qui revêt une signification particulière dans ce tome. En effet, la mère de Bernie est une tisseuse hors-pair.
En plus de tissages, l’enquête les guidera vers des poteries antiques, et le American Indian Resource Center qui les expose.
Ce roman est intimement ancré dans les paysages de désert et de canyons. On sent la chaleur du soleil tapant sur sa peau en le lisant! Des semaines après l’avoir lu, il résonne encore en moi.

Skinwalkers: l’intrigue de ce roman policier navajo
Publié en 1986, c’est le septième tome de la série. Son titre fait référence aux Skinwalkers, des chamans malveillants selon la culture Navajo. En français, la traduction est « Porteurs-de-peau« .
C’est le premier tome où Jim Chee et Leaphorn enquêtent ensemble! Leur rencontre est savoureuse quand on lit les tomes dans le désordre, et qu’on connaît déjà leur complicité à venir.
L’intrigue nous entraîne dans les croyances flippantes liées à la sorcellerie. Leaphorn est embêté avec une série de meurtres non élucidés sur les bras, que rien ne semble connecter.
Pourtant, il penche pour un lien entre eux. Lorsque c’est au tour de l’officier Jim Chee d’être attaqué, et qu’il échappe de justesse à une tentative de meurtre, Leaphorn l’associe à son enquête.
Les deux policiers navajo vont concilier leurs approches pour dénouer l’intrigue. Le jeune Chee, profondément ancré dans les traditions spirituelles de son peuple, et le vieux loup Leaphorn, plus pragmatique et rationnel.
Ce roman policier nous laisse entrevoir ce monde effrayant de la sorcellerie, évoque la spiritualité navajo avec une intrigue habile dont on tourne rapidement les pages!

Hunting Badger / Blaireau se cache: l’intrigue en bref
Cette enquête signée Tony Hillerman est une chasse à l’homme dans les canyons. Il s’inspire d’un fait divers survenu en 1998. Un agent de police du Colorado est abattu à la suite d’une interpellation. Deux des malfaiteurs incriminés s’échappent, malgré le déploiement de forces de l’ordre orchesté par le FBI.
Dans ce roman policier, Jim Chee enquête sur un braquage meurtrier survenu dans un casino. Il appelle à la rescousse Leaphorn, bien qu’il soit à la retraite.
Les malfaiteurs ont disparu dans le terrain sauvage des canyons avec leur butin. Sont-ils terrés quelque part dans cette immensité, avec des armes? Les malfaiteurs font tourner en rond les policiers et les agents.
L’affaire mêle des aspects de conflit culturel, de justice et de spiritualité et légendes navajo.
Il m’a aussi plu, mais c’est celui des trois qui m’aura le moins marqué.
Il est dispo ici en français chez Rivages Noirs
Et maintenant? J’essaie d’en trouver d’autres en anglais et en secondhand :)
Romans policiers & récits autochtones
J’ai lu plusieurs séries de romans policiers mettant en scène des peuples autochtones, et nous immergeant dans leur culture, et je vous les recommande vraiment.
Et pour lire d’autres récits autochtones, écrits cette fois par des autochtones, je vous recommande de jeter un œil au catalogue de la maison d’édition Dépaysage!
Je dois absolument vous parler de Kukum et des autres romans de Michel Jean, et j’en ai commandés d’autres qui sont sur ma PAL.
Aujourd’hui, la question d’appropriation culturelle est arrivée dans le débat public, longtemps après les premiers romans de cette série.
Concernant Tony Hillerman, le Navajo Nation Council l’a nommé « Special Friends of the Dineh » en 1991 pour ses écrits. Il est respecté pour son attention au détail et le fait qu’il ait permis au grand public de s’intéresser à la culture navajo. Ses livres sont même utilisés dans les écoles navajo. Certaines voix déplorent cependant que des aspects de la culture qu’ils préféreraient garder secrets soient divulgués, et critiquent également parfois des inexactitudes ou raccourcis. Vous pouvez lire ici des avis.
Alors que je comprends tout à fait que dans certains cas où on profite $$$ d’une culture sans rien lui rendre, on puisse s’insurger, je dois dire que… je ne vois pas où est le problème dans d’autres cas.
Les écrivains et journalistes ont pour métier de raconter la vie des autres, en gardant un point de vue objectif ou en apportant un regard extérieur. Parfois en égratignant les egos auss. Pour moi, cela permet de prendre de la hauteur et c’est précieux, si cela est fait de manière documentée.
Dans notre monde globalisé, nous sommes influencés par les cultures des uns et des autres, et cela nous enrichit. Si nous nous refermons chacun sur notre culture, c’est encore un repli sur soi. Toute forme d’ouverture ou d’intérêt pour l’autre me semble un bon élan.
Le respect passe aussi par le fait de chercher à comprendre l’autre, non?
Vous en pensez quoi vous?
J’espère vous avoir donné envie de lire un roman policier chez les Navajos et de vous intéresser à cette culture captivante!
