
Mon avis sur Sukima de Gao Yan, un manga taïwanais sensible et poétique entre Taïwan et Okinawa. Il évoque le passage à l’âge adulte et l’éveil d’une réflexion politique.
Après avoir découvert le magnifique manga The Song about Green, j’étais impatiente de retrouver l’univers délicat de Gao Yan dans une nouvelle histoire. Avec Sukima, l’autrice taïwanaise nous emmène cette fois à Okinawa, dans le quotidien d’une étudiante en art en quête d’elle-même.
Dans un récit de tranches de vie avec une ambiance un peu mélancolique, elle raconte la découverte du Japon par Yang Yang, qui vient de quitter Taïwan pour une année d’échange. Et revient sur sa prise de conscience politique.
Dans Sukima, on retrouve cette attention portée aux sentiments et au passage à l’âge adulte qui m’avait déjà séduite dans son précédent manga. Et on retrouve à nouveau comme héroine une Taïwanaise passionnée par le Japon.

Sommaire du billet de blog
Tome 1: une étudiante taïwanaise à Okinawa
Yang Yang, 22 ans, quitte Taïwan pour passer une année d’études à Okinawa. Elle laisse derrière elle tout ce qu’elle connaît et part vivre dans un environnement totalement nouveau. Elle emporte cependant avec elle une profonde tristesse : celle d’avoir récemment perdu sa grand-mère, qui l’a élevée.
À Okinawa, elle découvre la vie d’étudiante en art et s’installe dans une pension où elle rencontre des habitants chaleureux. La jeune femme, plutôt timide, se cherche et apprend peu à peu à trouver sa place dans ce nouvel univers – dans une langue étrangère en plus.
J’ai beaucoup aimé ces tranches de vie du quotidien, racontées avec douceur. On suit Yang Yang dans ses rencontres et questionnements, dans un récit au rythme slow et subtil.
Pourquoi ce titre? En japonais, sukima signifie: interstice, brèche, faille. La série est prévue en 4 tomes chez Sakka Manga.
Un manga tout en douceur, avec un léger accent politique
Derrière cette apparente douceur, Sukima aborde aussi des questions historiques et politiques liées à l’île de Taïwan.
Grâce à plusieurs flashbacks, le récit nous ramène dans le passé de Yang Yang et nous montre l’éveil de sa conscience politique. Après avoir participé à des manifestations, elle fréquente de nouvelles personnes. Et découvre que certains épisodes sanglants de l’histoire de Taïwan ont été effacés des manuels scolaires.
La jeune femme commence alors à s’interroger sur l’histoire de son pays, ses rapports avec la Chine continentale et, plus largement, sur le pouvoir des mots et la manière dont l’histoire est racontée.
C’est un aspect du manga que j’ai particulièrement aimé. Il apporte une dimension supplémentaire au récit – sans rien enlever à son côté intime et contemplatif. On découvre les aspirations de la jeunesse taïwanaise, leur vision et espoirs pour l’avenir de leur pays.

Qui est Gao Yan, mangaka taïwanaise
Gao Yan est une autrice taïwanaise, qui combine avec subtilité narration intimiste et dessins délicats. En France, elle a été découverte avec Song about Green (2 tomes), avant de revenir avec Sukima, un nouveau récit situé entre Taïwan et le Japon. Avec son regard de jeune autrice taïwanaise, elle aborde l’histoire et l’identité de Taïwan dans sa nouvelle série.
Mon avis sur Sukima de Gao Yan
Sukima est un manga doux et mélancolique, porté par des dessins magnifiques et poétiques. Gao Yan laisse beaucoup de place aux silences et aux instants anodins du quotidien . Quelques mots suffisent pour transmettre beaucoup d’émotions.
J’ai retrouvé dans cette nouvelle œuvre ce qui m’avait plu dans Song about Green : une histoire sensible et contemplative, qui suit le cheminement d’une jeune adulte.
→ Voir aussi: la BD Himawari House, une année à Tokyo


Sukima est une nouvelle perle de Gao Yan à découvrir si vous aimez les mangas intimistes et les récits de passage à l’âge adulte. Ce premier tome m’a donné très envie de découvrir la suite de cette série prévue en quatre tomes, publiée en France chez Sakka Manga.
Et, accessoirement, ma liste d’envies de voyage vient encore de s’allonger : après cette lecture, j’ai plus que jamais envie de découvrir Taïwan et Okinawa.
