theorie de la tartineComme j’avais adorĂ© le premier roman de Titiou Lecoq, je me suis jetĂ©e sur son nouveau livre, « La ThĂ©orie de la Tartine », Ă  sa sortie au Diable Vauvert. L’auteure parisienne signe une nouvelle fiction contemporaine et met en scène les relations sociales de trois anti-hĂ©ros de la gĂ©nĂ©ration Y, dont les vies sont très connectĂ©es au Wild Wild Web. Il y a Marianne, thĂ©sarde et blogueuse, un jeune hacker en conflit avec ses parents qui ne comprennent pas sa manie de rester plantĂ© devant son Ă©cran, et un entrepreneur du web, journaliste et père de famille, qui tente avec peine de concilier Ă©thique et succès commercial. Les trois personnages – qui n’ont rien en commun – vont se rencontrer lorsque Marianne sera victime de l’Ă©talement de sa vie privĂ©e sur Youporn…

Bon, voilĂ  le rĂ©sumĂ© officiel de l’intrigue:

En 2006, lorsque Marianne dĂ©couvre sur le net une sextape postĂ©e par son ex, elle ne trouve pour l’aider qu’un hacker immature et un journaliste visionnaire qui croit qu’Internet va transformer le monde.
Dix ans et les chocs de la jeunesse (enfants, travail, amours) plus tard, que deviennent notre ex-Ă©tudiante blogueuse, le jeune pirate et l’homme de presse idĂ©aliste ? Internet a tout bousculĂ©…

La génération Y et le web

En plus de l’Ă©vocation des relations amoureuses ou amicales difficiles pour ces trois personnages qui peinent Ă  mĂ»rir, il y a deux aspects qui m’ont beaucoup intĂ©ressĂ©s dans ce roman. D’abord, la vie de l’hĂ©roĂŻne, de son ami journaliste et du jeune hacker sont très liĂ©es au web – ce qui immanquablement nous renvoie Ă  un univers familier, un miroir de notre sociĂ©tĂ©. La fiction met en scène les dĂ©rives du web, notamment lorsque Marianne cligne des yeux en voyant sa sextape publiĂ©e en ligne, et dĂ©couvre son impuissance Ă  la retirer face Ă  ce monstre insaisissable qu’est un site internet basĂ© dans un pays Ă©tranger… Après cet Ă©pisode, l’hĂ©roĂŻne Ă©choue Ă  trouver une relation amoureuse stable, prĂ©fĂ©rant les coups d’un soir, mais cela ne l’empĂŞche pas de souhaiter devenir mère et de trouver un moyen d’arriver Ă  ses fins sans passer par la case « couple ». Ă€ travers Marianne, Titiou Lecoq Ă©voque aussi la difficultĂ© de se sentir femme dans une sociĂ©tĂ© oĂą les modèles fĂ©minins restent inaccessibles, dans des passages qui sonnent très juste.

No happy end

Concernant les trois hĂ©ros, assez stĂ©rĂ©otypĂ©s, ils ont bien des travers et il m’a Ă©tĂ© impossible de m’identifier ou de m’attacher rĂ©ellement Ă  l’un d’eux. Autant certains aspects de leurs personnalitĂ©s respectives sont touchants, autant on a aussi envie de les secouer durant certains Ă©pisodes, Ă  cause de leur mauvaise foi!

Lucide et un brin cynique, Titou Lecoq nous rappelle que les membres de notre gĂ©nĂ©ration, exigeante et compliquĂ©e, ne vont pas tous finir heureux dans les bras du Prince Charmant, et que les trahisons et de sales coups du destin rĂ©compensent parfois les bonnes actions. La rĂ©sistance du journaliste, qui refuse de baisser son Ă©thique et de trahir sa conscience pour commercialiser son site web – lui vaudra d’ĂŞtre Ă©vincĂ© de son propre projet. Son beau geste provoquera son malheur, alors que son associĂ© sans scrupules aura une brillante carrière.

Sinon, comme après avoir lu « Les Morues »,  je suis restĂ©e sur une impression un peu bordĂ©lique Ă  propos du dĂ©roulĂ© du rĂ©cit – avec l’envie que le roman ait peut-ĂŞtre Ă©tĂ© plus structurĂ© et ait durĂ© plus longtemps, nous en ait dit plus sur les personnages. ForcĂ©ment, il y a un bond en avant de dix ans qui fait avancer la situation mais m’a aussi laissĂ© sur ma faim. Mais ces choix de l’auteure ne remettent pas en question le fait que j’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© cette lecture, et la note douce-amère qu’elle m’a laissĂ©e.

Et vous, vous avez déjà lu Titiou Lecoq? Je me réjouis de connaître vos avis sur ce roman!
Si jamais vous souhaitez commander le bouquin en ligne, vous pouvez retrouver La Théorie de la tartine sur Amazone (lien affilié) ou dans ma librairie virtuelle.

Est-ce que quelqu’un a aussi lu ses chroniques « Sans tĂ©lĂ©, on ressent davantage le froid »? Je compte bientĂ´t les commander!

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