Pour ce second billet, je vous parle d’un de mes livres cultes, « La Conjuration des Imbéciles » de John Kennedy-Toole. Mon exemplaire est aujourd’hui tout écorné, car je l’ai prêté à de nombreux amis. Le verdict: on adore, ou on déteste, mais le personnage d’Ignatius ne laisse personne indifférent!

Le roman narre en effet les déboires d’un anti-héros truculent qu’on ne peut d’abord qu’abhorrer… avant de lui découvrir une certaine forme de génie.

Le tableau: Ignatius J. Reilly, 30 ans, vieux garçon obèse et paresseux, vit encore chez sa mère, à la Nouvelle-Orléans. Sa principale occupation: rédiger des notes sur la société américaine, dont il se tient prudemment éloigné. Le personnage porte une éternelle casquette verte à oreilles et ne s’exprime que d’une manière hautement littéraire.

Signes particuliers: Royaliste et anti-clérical (depuis la fois où un curé a refusé de prononcer une oraison funèbre pour son chien), Ignatius Jr Reilly souffre d’une hantise incontrôlable des autocars panoramiques.

L’élément qui déclenche le chaos: La petite vie d’Ignatius bascule le jour où un policier extrêmement peu doué tente de l’arrêter. En voulant filer, Ignatius provoque un accident. Pour rembourser les dégâts, notre anti-héros va être forcé de dénicher du travail (une notion qu’il tient en horreur). Au risque de voir son anneau pylorique se refermer à tout jamais!

La suite est jouissive: en vendeur de hot-dogs, salarié d’une usine de pantalons ou en virée dans le quartier gay, Ignatius, en bon inadapté social, sème le chaos partout où il passe…

L'étrange Ignatius sur la couverture du roman
L’étrange Ignatius sur la couverture du roman

J’ai adoré: la galerie de personnages plus délurés les uns que les autres

Ignatius, le goujat exécrable, est entouré d’une galerie de personnages drôlesques. Sa mère tente d’oublier les extravagances et le mépris de son fils dans l’alcool et son activité favorite: le boulingue. Miss Trixie, la secrétaire des pantalons Levy, attend sa retraite et le jambon qu’on lui a promis pour ses loyaux services avec une agressivité croissante. L’agent Mancuso, le policier incapable, se voit attribuer des tâches de plus en plus ingrates jusqu’à surveiller les toilettes publiques. Quant à Jones, un Black exploité par sa patronne, il fouine pour tenter de saboter la boîte de nuit miteuse dans laquelle il balaie les mégots.

Sans oublier l’extravagante Mirna Minkoff, alter ego et antithèse d’Ignatius à la fois, avec laquelle il entretient une correspondance enflammée… de sentiments de colère et de mépris.

 Un génie qui se suicide, se croyant un auteur raté

Derrière le roman, il y a une tragédie… John Kennedy-Toole, n’ayant jamais réussi à faire publier ce roman, se suicide à 31 ans, se croyant un auteur raté. Des années plus tard, sa mère parvient à faire éditer A Confederacy of Dunces (titre en VO). Le roman connaîtra un immense succès et recevra le Pulitzer en 81! Ironie du sort…

Cette phrase de Jonathan Swift apparaît au début du roman: “Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui.

Je relis des passages de la Conjuration de temps en temps, à chaque fois enthousiasmée par l’univers truculent que dessine John Kennedy-Toole… Et pense tristement qu’il n’a laissé que deux œuvres à ses fans! La Conjuration… et La Bible de Néon. (Je ne l’ai pas encore lu.)

Envie de découvrir La Conjuration des Imbéciles? Vous pouvez écouter de nombreux extraits du roman ici, dans l’émission « Ça peut pas faire de mal! » (France Inter) consacrée à cet œuvre!

Et vous, êtes-vous de ceux qui ont adoré ou détesté ce livre culte?

4 comments on “Livre culte: La Conjuration des Imbéciles”

  1. Cool. Tu vas voir, c’est un roman excellent… mais il faut s’accrocher pendant les premiers chapitres. J’ai failli tout abandonner à la première lecture, alors que c’est un de mes livres préférés à présent!!

  2. C’est clair, Ignatius est complètement minable. J’ai dû me forcer à finir les trois premiers chapitres… Et après j’ai adopté ce anti-héros, une vraie caricature. Par contre j’admire les lecteurs comme toi qui lisent jusqu’au bout même s’ils détestent! Je n’ai pas cette patience, si ça me plaît pas, j’abandonne assez vite! … j’ai des amis qui l’ont aussi lu et détesté :) c’est ce que je disais, soit on adore, soit on déteste :P

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