Cette année, avec la Comédie du Livre de Montpellier dédiée aux auteurs nordiques, j’ai découvert un écrivain scandinave qui m’a beaucoup plu: Jens Christian Grøndahl. Je me suis plongée avec plaisir dans ses romans se déroulant dans un Danemark contemporain et évoquant des histoires de familles. J’ai été séduite par sa fine analyse psychologique de ses personnages. Ils sont à la fois complexes et réalistes, et un peu perdus aussi dans les deux romans que j’ai lus cette année. Leurs titres: « Quatre jours en Mars » et « Les Complémentaires« .

Les deux récits mettent en scène des parents déboussolés, tentant de redéfinir leur rapport à leurs enfants ou leur conjoint, avec en toile de fond leur propre relation alambiquée avec leurs géniteurs… Ceci pouvant expliquer cela! J’ai beaucoup apprécié le réalisme des personnages, en proie à des doutes sur leur existence, leurs relations, leur façon de gérer leur parentalité.

Grondhal

Le roman « Les Complémentaires » de Grondhal

Dans « Les Complémentaires » (2013), l’auteur explore en plus la question de l’identité. David Fischer, un père de famille de culture juive, mais non pratiquant, a de la peine à se définir face à sa fille qui a un regain d’intérêt pour les origines de son paternel. Il ne comprend pas ce que l’adolescente recherche dans ses racines. Sa femme, une peintre anglaise qui a abandonné sa carrière pour le suivre au Danemark, doit faire face au désir de sa fille de suivre ses pas, en pratiquant les arts plastiques. Mais ses installations contemporaines ne la convainquent pas. À l’autre bout du fil, la grand-mère à Londres fait du chantage pour voir davantage sa famille, tout en se comportant comme une vieille pie.

Le mot de l’éditeur:

« Dans une narration serrée à l’intrigue ramassée, Jens Christian Grøndahl évoque avec une grande justesse ces moments où nos identités se fissurent et où tous nos repères semblent se recomposer. »

 

Le roman « Quatre jours en mars » de Grondhal

Dans « Quatre jours en mars » (2011), l’héroïne est cette fois une femme divorcée, Ingrid Dreyer, qui perd le contrôle de son fils. Celui-ci tabasse un jeune étranger avec sa bande. Honteuse, elle se demande ce qu’elle a manqué dans son éducation. Pourtant elle ne regrette pas ses choix, même celui d’avoir quitté son foyer pour un amant plus âgé, il y a de cela plusieurs années. L’auteur prend comme excuse le fait qu’Ingrid rumine le passé, après l’arrestation de son fils qui la pousse à se remettre en question, pour dresser le tableau de ses relations affectives avec sa mère, son père et ses grands-parents. On comprend qu’une sorte de pattern de l’abandon se reproduit d’une génération à l’autre…

Le mot de l’éditeur:

« Ingrid Dreyer replonge dans les souvenirs de sa jeunesse solitaire et de son mariage raté, afin de tenter de comprendre pourquoi sa vie commence à ressembler à une impasse. Grøndahl propose ici un nouveau portrait de femme de notre temps, avec cette profondeur psychologique et cette subtilité stylistique qui sont la marque du grand écrivain danois. »

Dans les deux cas, ce ne sont pas des récits qui prennent une tournure romanesque: il est vain d’attendre des rebondissements et des événements, erreur que j’ai faite en lisant « Les Complémentaires ». Du coup j’en suis sortie un peu déçue, m’attendant à une chute qui n’est jamais venue. En lisant ensuite « Quatre jours en mars », je savais à quoi m’attendre et j’ai beaucoup plus apprécié ma lecture. Les événements de ces romans restent de l’ordre du relationnel et du psychologique. Peu à peu, on comprend comment leur passé a influencé ces personnages, pour qu’ils se retrouvent dans la situation d’aujourd’hui et dans cet état d’esprit.

La façon de présenter ses personnages en déroulant le fil de leur vie au travers de souvenirs et réflexions, dans un ordre anti-chronologique, m’a rendue admirative de la plume de l’auteur. Grondhal brosse son tableau touche par touche, avec au milieu des éléments venant bouleverser le tableau et remettre en question notre perception de ses protagonistes. Difficile de croire que ces histoires ont été créées de toutes pièces, tant les personnages sont crédibles!

Pour les paresseuses, voici mes liens affiliés chez Amazone ;)

 

À lire uniquement si vous êtes adeptes de romans psychologiques. Si vous préférez un Big Brother version 2025 ou un roman où les dodos ressuscités sont des animaux de compagnie, n’ayez crainte, j’ai aussi ça dans ma bibliothèque (cliquez sur les liens)!

Et vous connaissez-vous les romans de Grondhal? Avez-vous une préférence pour d’autres écrivains scandinaves?

J’espère en tout cas recommencer à vous parler de romans plus souvent ;) Peut-être est-ce même le retour des lectures du lundi, qui sait!

 

4 comments on “Deux romans du Nord signés Grøndahl”

  1. J’ai lu et aimé ces deux romans de Grondhal. Dans la lecture ce côté psychologique est ce que je préfère. Parmi les auteurs du « Nord », j’aime aussi Audie Ava Olafsdottir, Henning Mankell mais j’en oublie sûrement.

  2. Hello!

    Je viens de découvrir ton blog dont j’adore l’atmosphère!

    Sinon, je suis une grande fan des auteurs scandinaves et mon homme est fan tout court de la Scandinavie (il apprend le norvégien!).
    Je connais cet auteur mais je n’ai lu aucun de ses romans.

    Parmi ceux que j’aime bien évidemment Henning Mankell mais aussi Ketil Bjornstad (la société des jeunes pianistes et l’appel de la rivière).

    bises

    • Salut Helychrise, merci pour ton petit mot et tes conseils de lecture! :) Trop contente que le blog te plaise.
      Eh bien, j’admire la passion de ton chéri, qui le pousse à apprendre le norvégien, cela ne doit pas être évident!!

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